Vacances au château de Sédaiges: souvenir de la Reine Margot en 1585

Entre fiction historique, cinéma et histoire réelle, l’histoire croisée de trois châteaux et des femmes et des hommes qui y firent la grande Histoire de France. Notre histoire commence au château de Sédaiges à Marmanhac. Son propriétaire est un certain Pierre Béral, médecin réputé de la région vers ces années 1580. Il est l’ancêtre en ligne directe du propriétaire actuel de Sédaiges, Patrice de Varax. Sa destinée va croiser celles de la Reine Margot et du Roi Henri IV, et côtoyer celle de la Princesse de Montpensier. Séjourner à Sédaiges pour des vacances, c’est se souvenir de ces vies extraordinaires mises en lumière au cinéma par des grands réalisateurs ( Bertrand Tavernier et Patrice Chéreau).

 

 

Pierre Béral de Sédaiges et la Reine Margot

La Reine Margot arrive le 30 septembre 1585 au château de Carladès, à 4 lieues de Sédaiges. Margot fuit les troupes royales lancées à ses trousses par son frère, le roi Henri III, lassé de ses frasques, ou peut-être simplement jaloux des derniers amants de sa très jolie soeur cadette.

Malade, la reine Margot va y rester plus d’un mois jusqu’au 20 octobre. A son chevet, le médecin Pierre Béral de Sédaiges sera appelé. L’histoire ne nous dit pas pourquoi, mais Pierre Béral deviendra par la suite le médecin personnel de l’époux de Margot, Henri IV, dont Margot vit plus ou moins séparée. En 1585, Henri n’est encore qu’Henri III, roi de Navarre, aussi connu sous le surnom de “Vert-Galant”: on lui prête une soixantaine de maitresses officielles (pour les autres, on a renoncé à compter…). Henri n’était pas  jaloux des conquêtes de sa femme, il n’est donc pas interdit de penser que la conscience de Pierre Béral à s’occuper du corps de sa royale patiente ne soit pas restée uniquement professionnelle et qu’elle ait pu contribuer à sa royale promotion. Mais ce ne serait là que pure médisance…:-).

“La princesse de Montpensier” au château de Messilhac

Notre histoire n’est pas finie ! Au  château voisin de Messilhac, Bertrand Tavernier est venu tourner “la Princesse de Montpensier” avec Mélanie Thierry dans le rôle principal, Gaspard Ulliel (duc de Guise), Grégoire Leprince-Ringuet (François de Bourbon, duc de Montpensier, prince de sang), Raphael Personnaz (duc d’Anjou, frère cadet de la Reine Margot), Lambert Wilson (le comte de Chavagnac). Tous ces personnages, comte de Chavagnac excepté, ont bel et bien existé, et Margot les a connus, certains de fort prés…

La vraie princesse de Montpensier n’est jamais venue à Messilhac (et elle n’était qu’une simple duchesse). Mais en septembre 1585, Renée d’Anjou, marquise de Mézières, comtesse de Saint-Fargeau, est déjà duchesse de Montpensier (Nord de l’Auvergne) depuis quelques années. C’est-à-dire à une quinzaine de lieues d’Usson, où le roi finira par assigner à résidence sa sœur Margot qui y restera exilée de 1586 à 1605: rien d’absurde, même si l’histoire n’en dit rien, de penser que la (vraie) duchesse de Montpensier ait rencontré la (vraie) Reine Margot.

 

 

La Reine Margot entre histoire réelle, fiction historique et cinéma

Margot était très proche de son frère cadet, le duc d’Anjou (Raphael Personnaz, César du meilleur espoir masculin en 2011 pour le film de Tavernier), au grand dam de son frère ainé (et jaloux), le roi Henri III. Mais rien en comparaison de la passion qu’elle eut jeune pour le duc de Guise (interprété par Gaspard Ulliel, César du meilleur espoir en 2005, César du meilleur acteur en 2017). Henri, duc de Guise, Prince de Joinville, dit le balafré n’a jamais mis les pieds à Sédaiges. Sans regret pour nous, car le personnage historique, catholique intégriste était beaucoup moins sympathique (et beau) que le personnage joué par Gaspard Ulliel. Mais 20 ans plus tôt, lui et Margot alors âgée de 17 ans avait eu une relation passionnée ! Cette affaire d’amour (Margot rêvait de mariage) avait déjà fortement agacé la famille royale. Sa mère Catherine de Médicis l’avait fort mal pris, mais encore plus son frère ainé Henri, le futur Henri III: une femme, a fortiori une princesse, n’avait pas à vouloir faire passer ses amours avant les intérêts familiaux. Marguerite sera mariée quelques mois après, à son corps défendant, à Henri de Navarre (Henri IV), certes pas très beau, mais protestant et potentiel futur roi de France.

Alors le soir venu à Sédaiges, peut-être aurez vous une pensée pour la Reine Margot en ces lieux de Carladès, Messilhac: 3 châteaux distants de quelques lieux, où plane encore l’ombre réelle ou imaginaire de la princesse Margot, une femme belle, intelligente, mangeuse d’hommes peut-être, mais qui vécut une vie passionnée dans cette époque terrible des guerres de Religion. Une femme qui connut 3 rois Henri morts tragiquement: son père Henri II, mort une lance fichée dans l’oeil droit en joutant près de la place des Vosges, son frère Henri III, mort assassiné à Saint-Cloud, et son mari, Henri III de Navarre, qui deviendra l’un des nos plus grands roi sous le nom d’Henri IV, mort assassiné dans le Marais à Paris. Une femme qui méritait l’interprétation tout simplement extraordinaire qu’en a fait Isabelle Adjani (César de la meilleure actrice) dans le film de Patrice Chereau, qui recueillera 5 Cesars (plus un Oscar et un prix du Jury au festival de Cannes), dont celui des meilleurs costumes.

Peut-être aussi aurez-vous une pensée pour ce Pierre Béral, médecin de Margot, futur médecin du roi Henri IV, l’aieul de Patrice de Varax qui vivait ici à Sédaiges en 1585: sans lui et les soins apportés à son illustre patiente, la grande Histoire de France n’aurait-elle pas été bien différente ?

 

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